Conclusion

En passe de solutionner la thermique de l’habitat dans le neuf, la France peine à résoudre celle dans l’ancien. Vu le considérable potentiel d’économie d’énergie que représente le chauffage de l’habitat existant il lui faudra procéder par étapes successives sans se tromper dans la chronologie des actions à entreprendre si elle souhaite combler le retard qu’elle a accumulé années après années dans l’existant. Il ne s’agit ici pas de petites économies puisque l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) comme Wikipédia, considèrent que le secteur du Bâtiment est actuellement le plus grand consommateur d'énergie dans le monde et compte pour plus d'un tiers de la consommation totale d'énergie finale. Il est même probable qu’en raison de la désindustrialisation de la France, les trois postes industrie-transport-logement qui était jusqu’ici sensiblement à égalité dans notre pays a vu la part de sa consommation logement augmenter pour se rapprocher des 40%. Dès lors, on se demande pourquoi on se laisse enfermer en France dans des systèmes de chauffage conduisant au radiateur "tout électrique" qui rend l'aide indispensable ou au "tout gaz" qui conduit à la dégradation de notre environnement. A défaut d’un chauffage urbain basé sur la géothermie profonde qui tarde à venir et qui n’est pas selon certains experts renouvelable sur le long terme, pourquoi en effet vouloir produire toujours plus d'électricité renouvelable ou non pour alimenter des radiateurs électriques à effet joule peu performants alors que l'on pourrait profiter de la complémentarité du gaz et de l'électricité au sein d'une même chaufferie en y associant la combustion et le chauffage thermodynamique aquathermique en consommant moins d’énergie primaire préservant nos ressources. Il devient urgent de réduire la précarité énergétique en profitant des formidables capacités de l’eau en tant que véhicule thermique. Outre le fait que cette orientation permettrait de régénérer l'eau de nos rivières, ces chaufferies "hybrides" abaisseraient significativement le prix de l'énergie thermique rendue dans les logements rendant l'aide et le comptage de l’énergie chauffage inutile. Cela permettrait de supprimer ce controversé projet d’individualisation des frais de chauffage, amélioreraient la pérennité des dispositifs de chauffage, et prépareraient nos sociétés à se passer des énergies fossiles pour se chauffer, solutionnant pour partie le grave problème du réchauffement climatique. On observe au travers du « cas pratique » de ce livre que le chauffage d'une copropriété en région parisienne avec ce type de chaufferie est dès à présent possible et que les techniques sont prêtes.  Des organismes réputés prétendent que notre planète pourrait devenir inhospitalière pour les êtres vivants du fait du réchauffement climatique avant 2020, il conviendrait en conséquence de se hâter d'adopter ces nouvelles techniques qui présentent l'avantage de moins réchauffer notre environnement, voire de le refroidir localement là où cela peut être bien utile. Arrivé au terme de ce livre, force est de constater que la rénovation thermique dans l'habitat ancien est probablement difficile à appréhender et à mettre en œuvre puisqu'il aura fallu un livre de plus de 500 pages pour se convaincre qu'il est possible de produire de la chaleur renouvelable dans le cadre des chaufferies hybrides dans de bonnes conditions pour l’habitat urbain existant. Il faut dire que pour y parvenir, il a été utile pour ne pas dire indispensable de comprendre au préalable les chaufferies existantes basées sur la combustion seule afin de mieux appréhender comment il est possible de les faire évoluer vers des chaufferies associant combustion et chauffage thermodynamique. Ceci en faisant cohabiter au sein d’une même chaufferie et pour le plus grand profit de l'utilisateur le gaz et l'électricité. Vu la complémentarité de ces deux fluides et compte tenu des nombreux avantages que l’on peut retirer de cette cohabitation, l’auteur regrette sincèrement cette absence de coexistence entre ces deux familles fluides. L'urgence qu'il y a à rénover thermiquement l’habitat ancien, la lenteur avec laquelle nos 25 millions de logements existants se modernisent thermiquement au rythme de 100 000 logements par an, l’urgence qu’il y a à améliorer la qualité de l'air dans nos villes et notre souhait de moins ponctionner nos réserves naturelles, méritent que l'on sacrifie un peu de son temps pour comprendre cette cohabitation combustible-électricité. Nous arrivons en effet petit à petit à un tournant de notre histoire où il faudra que l'environnement, le social, l'économie ainsi que le progrès* (voir en fin de page) soient pris en compte pour assoir les décisions que nous allons devoir prendre en termes d'énergie. La volonté d’innover chez les constructeurs de chaufferies devrait naître en observant la réussite de Toyota devenu premier constructeur mondial et Leader de la cohabitation essence-électricité avec les voitures hybrides au sein d’une même motorisation. Découragés par l'immobilisme actuel au niveau de l'innovation et de l'offre, les Lutins thermiques en profitent pour rappeler à nos constructeurs l'aphorisme de Balendard "L'absence de concurrence est une plaie pour celui qui attend et une niche pour celui qui entreprend".  Le coût réel de l’énergie thermique rendue dans les pièces de vie de l’utilisateur est devenu un facteur social important. De ce fait nos constructeurs ont tout intérêt à comprendre les avantages financiers qu’ils peuvent retirer en innovant dans ces nouvelles technologies permettant de limiter la précarité énergétique.  Il est temps de diminuer le coût associé au chauffage de l’habitat en profitant du fait que la chaleur prélevée dans l’environnement est gratuite. Il leur appartient de situer leur prix de telle sorte qu’ils tirent autant profit que l’utilisateur de la cohabitation du gaz et de l’électricité. Ce qui est profitable pour l’un doit aussi être profitable pour l’autre. L'économie se doit, grâce à la science et à l'expérience parfois durement acquise, d'être au service de l'homme et de son bien-être. Dans cette optique, l'investissement initial permettant d'assurer le confort thermique de l’utilisateur ne devrait pas nuire à son pouvoir d'achat sur le court terme et le valoriser au-delà de 10 ans sur le long terme. Cela est rendu possible moyennant la cohabitation du gaz et de l’électricité au sein des chaufferies hybrides qui réduisent notablement le besoin en produits fossiles et plus généralement en énergie primaire. Ceci en assurant une consommation électrique maîtrisée minorant la pointe de consommation en hiver par rapport au chauffage électrique conventionnel.

La chaufferie hybride décrite dans ce livre répond à ces critères, en effet :

1.    Son caractère renouvelable ne peut être mis en doute du fait du rayonnement solaire qui réchauffe nos rivières ou leurs nappes libres peu profondes en compensant l’énergie que l’on y prélève en le refroidissant.

2.    Il est envisageable de la financer en moins de 10 ans par les économies réalisées sur les consommations d'énergie finale.

3.    La menace à venir résultant des capacités de production électrique jugées insuffisantes par RTE au plus froid de l'hiver est moindre par le fait que c'est la combustion qui assure à elle seule le besoin du chauffage pendant cette période de l'année. Ceci alors que paradoxalement le besoin annuel en énergie fossile de la chaufferie hybride est divisé sensiblement par quatre par rapport aux chaufferies conventionnelles actuelles utilisant uniquement la combustion du fioul ou du gaz.

4.    Elle génère de ce fait 4 fois moins de gaz carbonique que les chaufferies conventionnelles au fioul ou au gaz préservant ainsi le climat et l'air de nos citées.

5.    De son besoin moindre en énergie finale résulte une réduction de la production électrique, donc moins de centrales nucléaires ainsi qu’un approvisionnement revu à la baisse en produits fossiles pétroliers favorisant notre balance commerciale (Quantité de pétrole importée des pays du golfe à partir de l'OPEP et de gaz naturel russe avec Gazprom revues à la baisse)

L’eau sort incontestablement vainqueur dans sa confrontation avec l’air en tant que vecteur assurant le prélèvement de l’énergie thermique dans notre proche environnement. Dans ce contexte, le droit à l’eau, tant défendu par Danielle Mitterrand a besoin d’un nouvel élan et devient une priorité. Il devient urgent de ne pas considérer seulement l’eau comme un fluide dédié prioritairement à la boisson et à l’alimentation mais également comme un formidable véhicule thermique indispensable aux enjeux du climat et aux objectifs du développement durable. ll ne s’agit pas ici de l’eau domestique mais de l’eau non potable provenant d’un sol aquifère ou de la rivière voire d’un aquifère captif profond comme le dogger pour la région parisienne. Cette eau, utilisée parfois pour les besoins destinés à la sécurité incendie ou à l’usage agricole, deviendrait le vecteur industriel par lequel les transferts thermiques les plus importants s’établiraient à la source froide pour le plus grand profit de l’habitat. Un meilleur accès à l’eau non potable pour tous dans nos cités est devenu un enjeu essentiel que nous allons devoir aborder avec un nouveau regard orienté vers la modernité et les initiatives innovantes. Ceci non seulement dans le cadre de transferts thermiques nouveaux nécessaires au développement durable mais aussi avec des objectifs liés à la régénération et à l’assainissement des rivières et de notre sous-sol aquifère.  Cette nouvelle vision de l’eau nous permettra d’évoluer progressivement vers un monde décarboné et sain. Il sera nécessaire pour cela de mettre en place une gouvernance capable de fédérer les intervenants autour de l’idée que l’usage de l’eau ne doit pas être seulement dédié à la navigation et la boisson mais qu’elle peut être le vecteur permettant la mise en œuvre de solutions nouvelles apportant une solution valable au problème du chauffage de l’habitat existant dans le cadre d’une action collective. S'il est un domaine où la volonté politique peut être le moteur de l'industrialisation et un début de solution å nos problèmes climatiques et sociaux, c'est bien celui du chauffage urbain. Le plus grave pour un pays dit "développé" comme le nôtre serait de ne rien faire en se laissant imposer les règles par les pays en voie de développement. Vu le retard que nous sommes en train d'accumuler nous risquons malheureusement de nous retrouver dans cette situation si nous n’entreprenons rien de significatif dans le cadre de la transition énergétique qui, on le sait maintenant, nécessitera des investissements sur le long terme. Au train où vont les choses, il n'est pas difficile d'imaginer vers quelle issue nous nous dirigeons petit à petit si nous persistons dans cette attitude qui consiste à nous endormir comme la grenouille d'Al Gore dans la douce tiédeur de la combustion et de l'effet joule. Dans un monde à la démographie galopante qui a vu sa population doublée en moins de 50 ans avec un besoin moyen actuel en énergie dans notre pays de 20 000 kWh par habitant on imagine ce qui va arriver concernant le climat si l’on conserve les chaînes énergétiques actuelles pour se chauffer. La consommation en énergie des pays de l'OCDE étant proche de 60 000 kWh par habitant on imagine ce qui va arriver si les pays en voie de développement prennent exemple sur nous. On observe enfin en France une prise de conscience de ces problèmes au travers de la loi sur la transition énergétique (LTECV)

Disons prudemment pour faire simple et comprendre que si nous évoluons vers la chaufferie hybride en comptabilisant l'énergie thermique prélevée gratuitement dans l'environnement comme une énergie renouvelable à part entière, la chaufferie hybride peut être considérée à elle seule comme une voie permettant de sortir de l’ornière dans laquelle nous nous sommes petit à petit enfoncés faute de faire cohabiter le gaz et l’électricité pour le chauffage de l’habitat.

Ceci pour plusieurs raisons :

- Le chauffage de l'habitat représente sensiblement à lui seul le tiers de l'énergie consommée dans le monde

- La chaufferie hybride permet de diviser sensiblement par 2,6 la quantité d'énergie finale pour un même besoin en énergie thermique (voir tableau)
- La chaufferie hybride collective est une technique dès å présent envisageable.

En suivant cette voie :

- On est conduit sur le long terme à l'abandon de la combustion grâce à l’isolation et aux réseaux hydrauliques mixtes (Voir la ligne 3 du tableau ci-dessous) et enfin à une plus grande indépendance énergétique de chacun d'entre nous grâce au soleil. Voir à ce sujet :

 l’immeuble de Mr Tout le monde

et l’énergie solaire dans l’exemple du cas pratique)

- On rend petit à petit les produits pétroliers inutiles en aidant indirectement nos amis américains qui ont accepté de sacrifier leur environnement pour baisser temporairement le prix des produits pétroliers en augmentant l’offre. Il est presque trop tard maintenant mais il n’est probablement pas besoin d’expliquer au lecteur que rendre le pétrole inutile est une voie permettant de lutter différemment contre l’état islamique. Une voie qui supprime les risques de dégâts collatéraux des bombardements et les mouvements de populations qui en résulte, de plus :.

- On améliore l'activité industrielle et l’emploi dans de nombreux secteurs 

- En coordonnant leurs actions dans ce sens, la France et l'Allemagne aideraient l'Europe å coordonner les politiques publiques sur au moins 3 des cinq points évoqués par le secrétaire général de L'OCDE å savoir le climat, la pauvreté et la dette. Et pourquoi pas même sur le 4ème point concernant le progrès : combattre la pauvreté sans affaiblir notre économie, voire même en diminuant notre dette, n’est-elle pas une voie allant dans le sens du progrès ?

Il y a toutefois une réserve pour que cette transition soit un succès : quelle soit mise en œuvre sous le signe de la qualité. C’est seulement à cette condition que la cohabitation du gaz et de l’électricité assurera sur le long terme le chauffage de l’habitat en douceur en assurant une transition énergétique plus équilibré à la frontière entre le « tout gaz » et le « tout électrique ». Cette cohabitation serait aussi une voie solutionnant en partie nos problèmes climatiques. En effet la chaufferie hybride ne fait pas que solutionner la précarité énergétique en divisant par 2,6 voire plus avec l’aide de la géothermie profonde notre couteuse consommation en énergie finale pour un même besoin thermique, elle divise à minima par 4 la consommation en combustibles fossiles par rapport à la combustion seule et à minima par 6 la consommation en électricité par rapport à l’effet joule. Ce qui est aussi surprenant est le fait que la chaufferie hybride en prélevant environ 60% du besoin thermique dans l’environnement réchauffe moins ce dernier. On peut dire à ce niveau qu’elle le réchauffe d’autant moins que la plus grande partie de l’énergie dissipée par les déperditions du bâti provient précisément de l’énergie thermique prélevée localement en refroidissant l‘eau.

Il y a aussi un facteur qui semble important à appréhender, le fait que concernant le climat, il n’y a pas que l’accroissement de la température dû à l’effet de serre, il y a aussi les quantités de chaleur envoyées directement vers l’environnement par l’électricité nucléaire du fait du rendement modeste de cette chaîne énergétique. Cette quantité de chaleur n’est pas négligeable puisqu’elle est sensiblement deux fois supérieure à l’énergie électrique produite. Il ne peut faire de doute que la chaleur envoyée vers l’environnement est préjudiciable au climat. Ceci même si l’action de l’homme est faible par rapport aux évolutions naturelles. Il ne peut cependant pas faire de doute que la chaleur prélevée dans l’environnement par la chaufferie hybride lorsqu’elle fonctionne en mode thermodynamique atténue le réchauffement climatique. On constate à ce sujet en observant les deux dernières colonnes du tableau ci-dessous que la quantité de chaleur envoyée vers l’environnement par la chaufferie hybride est sensiblement deux fois plus faible que celle utilisant la combustion seule et 4 fois moindre que celle envoyée par le chauffage électrique par effet joule. Ceci si l’on tient compte comme on vient de le dire que la quantité d’énergie perdue sous forme thermique en France avec l’électricité d’origine nucléaire est sensiblement deux fois supérieure à la quantité d’énergie électrique produite. Les avantages résultant de la chaufferie hybride par rapport aux modes conventionnels de chauffage sont d’autant plus surprenants que ceux-ci ne résultent que d’une toute première étape consistant uniquement à moderniser la génération thermique. Ils confortent l’auteur dans le bien fondé d’avoir chronologiquement privilégié la génération à l’isolation thermique dans l’ordre des investissements. Le lecteur aura compris que ce choix d’un timing différent de ce qui est souvent retenu a été fait compte tenu de l’urgence qu’il y a à modifier nos comportements pour préserver le climat assainir l’air de nos cités et limiter l’exploitation de nos ressources naturelles. Il convient malgré tout de rassurer ceux qui ont décidé de privilégier l’isolation à la génération thermique en ce qui concerne l’ordre des investissements. Ils ont peut-être pris cette décision aux dépens de leur pouvoir d’achat vu le montant de l’investissement initial souvent important en regard des modestes économies réalisés par la suite en consommation. Ils doivent cependant savoir qu’ils ont en compensation préparé leur habitation à recevoir une chaufferie hybride combustion-thermodynamique plus performante. Ceci en abaissant la température requise dans les radiateurs existants pour assurer leur confort. Lorsque l’on installe un chauffage thermodynamique dans un immeuble équipé de radiateurs hydrauliques on a en effet intérêt à baisser la température requise à la source chaude ou l’augmenter à la source froide pour améliorer les performances de la génération thermique. Une amélioration de l’isolation permet aussi de l’abaisser à la source chaude ainsi d’ailleurs que l’augmentation de la surface de chauffe des radiateurs moyennant certaines précautions. Les radiateurs hydrauliques nécessitent en effet des températures plus élevées que les planchers chauffants en raison de leur surface d’échange moins importante. On diminue ainsi d’une façon significative et à confort équivalent, voire même à confort amélioré, le besoin en énergie finale.  On peut aussi améliorer l’efficacité de la génération, sans qu’il soit question ici de faire la concurrence entre ces deux fluides. Ceci en répartissant au mieux la consommation d’énergie entre les combustibles fossiles et l'électricité selon le niveau de température requit à la source chaude pour assurer le chauffage et la fourniture de l’eau chaude sanitaire.

Le tableau de la page suivante compare trois modes de chauffage

-        Le chauffage électrique par effet joule

-        La combustion seule

-        La chaufferie hybride selon qu’elle est assistée (ligne 3) ou non (ligne 4) par le dogger

Il donne une idée - pour un besoin thermique égal à 1 - de la chaleur émise vers l’environnement par les deux modes de chauffage les plus utilisés en ville dans notre pays. Ceci en ne se préoccupant pas de savoir qui, entre l’homme et la vache, serait le plus responsable du réchauffement climatique par le fait que quand ils pètent, ils rejettent dans l’atmosphère du méthane un dangereux gaz à effet de serre. Pas plus qu’il ne tient compte des conséquences sur l’effet de serre des émissions de CO2 de la combustion. Il ne viendrait bien sûr pas à l’esprit des Lutins thermiques de remettre en cause comme Donald Trump et Nicolas Sarkozy le jugement du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) qui considèrent que ces gaz sont la source principale de nos problèmes climatiques en raison de l’effet de serre. Quoiqu’il en soit ce tableau prouve tout l’intérêt qu’il y a à faire cohabiter le gaz et l’électricité au sein d’une même chaufferie par le fait que moins d’effet joule et moins de combustion c’est moins de chaleur rejetée dans l’environnement.

Etapes

Type chaufferie

Consommation Wf  en

énergie finale

Consommation gaz Wg

Consommation électricité We

Chaleur Wr prélevée

de l’environnement

Besoin

Chaleur envoyée vers l’environnement

 

Effet joule

1

néant

1

néant

1

1+2= 3*

1

Combustion

1

1

néant

néant

1

1

2

Hybride sans dogger**

0,38

0,225

0,155

0,62

1

0,69

3

Hybride avec dogger

0,21

0,105

0,105

0,79***

1

0,42

4

Isolation des parties communes du bâti puis des parties privatives (fenêtres)

 

*Le chiffre 3 comprend les déperditions thermiques dans l’atmosphère résultant du mauvais rendement de cette chaîne énergétique

**Hypothèses de calcul : Energie thermique naturelle prélevé dans l’eau de la nappe libre à 10°C avec un COP moyen de 5 lorsque la chaufferie hybride bascule en mode thermodynamique à 0°C. (Cas pratique)

*** Avec une alimentation de l’évaporateur à 25°C au lieu de 10, le COP pour 60°C à la source chaude s’améliore de 40% en passant de 273+60 /((273+60) – (273-10) = 333/50=6,66 à 333 /(60 - 25) = 333/35=9,5   (Voir les réseaux ENP)

Les valeurs mentionnées dans ce tableau ci-dessus ont été définis pour une répartition 50/50 entre l’effet joule et la combustion pour le chauffage des immeubles. Il appartient au statisticien de vérifier ce pourcentage qui n’est probablement pas très loin de la réalité en France suite à l’erreur de la RT 2005. Ce rapport serait pour la France un peu inférieur à 50% selon QuelleEnergie

Nota démonstration des valeurs pour l’hybride sans dogger (PAC eau-eau sur nappe conventionnelle)

Les chiffres de la dernière ligne du tableau sont corroborés par la loi de conservation de l’énergie.

On peut en effet écrire que le besoin annuel en énergie B est égal à   B = Wg + We + Wr       1)

La consommation en gaz Wg  de la chaufferie hybride ne représentant sensiblement que 22,5% du besoin (Voir figure 9 page 413 avec commutation à 0°C) on a donc   Wg  = 0,225  B        2)

De plus lorsque la chaufferie hybride fonctionne en mode thermodynamique avec une température externe supérieure à 0°C, on peut écrire   B - Wg = We x COP      3)

B - Wg  étant l’énergie thermique fourni par la pompe à chaleur pendant cette période  et COP le coefficient de performance moyen de cette dernière pendant la même période.

Soit à partir de 2) et 3)  We = (B Wg)/COP   = 0,775 B/COP

Pour un besoin B égal à 100 et un COP moyen de 5** on a :

Wg  = 0,225  soit  22,5% du besoin assuré par le gaz

We = (0,75 x 1)/5  = 0,155   soit 15,5% du besoin assuré par l’électricité

Wr = 1 – 0,225 – 0,155 = 0,62  soit 62% d’EnR prélevé dans l’eau de la rivière ou de sa nappe

On retrouve bien, du fait de la conservation de l’énergie que la quantité d’énergie finale consommée (0,225+0,155= 0,38) par la chaufferie hybride majorée de l’énergie prélevée dans l’environnement 0,62 est égal au besoin de 1. (Voir la conservation de l’énergie page 160)

On observe que si l’on converti de l’effet joule vers la chaufferie hybride, on envoie bien environ quatre fois moins de chaleur vers l’atmosphère (3/0,69). On observe aussi que l’on si l’on converti cette fois de la combustion seule vers la chaufferie hybride on consomme sensiblement quatre fois moins d’énergie fossile (1/0,225) en rejetant par voie de conséquences 4 fois moins de gaz brûlés vers l’environnement et l’air polluée de nos cités. Si l’on suppose que 40% des français se chauffe en France avec l'effet joule et 60% avec la combustion* des produits fossiles, le fait  de remplacer toutes les générations thermiques par des générations hybrides associant la combustion et la thermodynamique va probablement modifier la répartition entre les consommations de gaz et d’électricité mais il est probable que le besoin de 1 n’ayant pas changé la consommation d’énergie finale Wf = Wg + Wg  va elle aussi rester sensiblement inchangée.

 

* l'ENVIRONNEMENT le SOCIAL et l'ÉCONOMIE

Partant du fait que sensiblement la moitié des quelques 30 millions de foyers français vivent en ville dans 50 m² habitables, c’est, sur la base d’une déperdition moyenne annuelle dans l’habitat ancien de 240 kWh par m² (Voir page280), une énergie de 15 000 000 x 50 x 240 = 180  x 109 kWh ou 15,5 millions de Tep qui sont consommés annuellement en France pour le chauffage de l’habitat urbain (1 Tep = 11610 kWh) En supposant que la moitié de ces foyers, soit 7,5 millions de foyers, se chauffent au gaz et qu’ils modernisent leur chaufferie gaz en chaufferie hybride en ajoutant un complément EnR aquathermique  c’est :

-  L’ENVIRONNEMENT

Sur la base d’une génération de 0,250 kg de CO2 par kWh produit avec le gaz naturel, une réduction de ½ x 180 x 109 x 0,25 x 10-3= 22,5 millions de tonnes de CO2 qui ne sont plus rejetées annuellement par la France dans l’atmosphère des zones urbaines améliorant le confort respiratoire dans les villes.

-  LE SOCIAL

Sur la base d’un besoin thermique annuel par foyer fiscal de 50 x 240 = 12 000 kWh avec une énergie primaire payée par le consommateur deux fois plus cher pour l’électricité (15 centimes d’pour l’électricité et 7 centimes d’pour le gaz naturel la douloureuse est presque deux fois plus faible après adjonction du complément EnR.

- L’ÉCONOMIE (La fameuse dette)

Une division par 4 voire plus de l’énergie finale consommée sous forme de gaz (EP), c’est, sur la base d’un prix d’achat aux producteurs OPEP ou Gazprom supposé égal à 0,04 € le kWh, une réduction de la dépense annuelle pour l’achat du gaz naturel de 90 x 109 x 0,04 x [(4,4 – 1)/4,4] = 2,8 milliards d’€ soit sur une période de 20 ans correspondant sensiblement à la durée de vie minimum des chaufferies une économie de 56 milliards d’€ pour le pays.

Pour l’autre moitié se chauffant à titre d’exemple avec des radiateurs électriques l’avantage social est encore plus important mais il faut percer les planchers pour passer les tuyauteries et la conversion vers le chauffage thermodynamique se fera plus lentement lorsque l’utilisateur s‘apercevra qu’avec l’eau comme vecteur thermique la combustion devient pratiquement inutile si ce n’est de servir de secours lors de l’entretien du dispositif thermodynamique.

 

 

 

L’auteur espère pour le bien de tous que l’utilisation des chaînes énergétique proposées ci-dessus par les Lutins thermiques permettra au politique enfin aidé par la finance et de quelques « Leaders » montrant l’exemple de respecter les objectifs de la LTECV.