La constitution française et les chaînes énergétiques

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a probablement raison d'affirmer que si nous ne faisons pas "tout ce qui est en notre pouvoir", la biodiversité mondiale va souffrir encore plus au cours de ce siècle. Le WWF très orienté vers la défense de la flore et de la faune occulte malheureusement ce qui pourrait être l’essentiel : nous-même. Vu que l'homme dépend directement de cette biodiversité, il pourrait lui aussi gravement souffrir de cet état de fait s'il ne fait pas "tout ce qui est en son pouvoir" pour remédier à cette situation. Faire "tout ce qui est en son pouvoir" est une chose, mais pour que cette action devienne significative et influence l'évolution du climat, il est préférable que les actions soient prises préférentiellement dans le secteur du bâtiment. Ceci vu que ce secteur est celui qui génère le plus de gaz à effet de serre devant l'industrie le transport aérien et l'agriculture.

À défaut d'une action en région parisienne qui serait plus facile à faire en raison des conditions locales, l'objectif récent du département français de l'Isère et d'un organisme comme Qualibat de lancer un plan de rénovation énergétique des bâtiments ambitieux pourrait éventuellement être le point de départ des actions que nous allons devoir prendre. Cette action devrait être prise avec l'ensemble des acteurs nationaux et locaux et en particulier avec les collectivités territoriales.

Pour que ce plan de rénovation énergétique soit un succès, il va dans un premier être nécessaire que le citadin tienne compte du mot "aquathermie" et ceci même si celui-ci ne figure pas encore au dictionnaire Larousse. Ceci pour la simple raison que si nous voulons casser la courbe d'émission de gaz à effet de serre vers le bas afin de limiter le réchauffement climatique et ses conséquences désastreuse sur la biodiversité, il va devenir nécessaire de satisfaire nos besoins en énergie en améliorant les performances de nos chaînes énergétiques. Nous pouvons le faire en mettant l'eau au cœur de nos préoccupations comme le fait la "Solar Water Economy". Environ 3 ans après la COP21 notre intérêt va être maintenant d'agir en allant à l’essentiel : les performances de nos chaînes énergétiques et en arrêtant de tourner uniquement autour de l'isolation des bâtiments. Ceci afin de respecter nos propres lois, notamment la Loi sur la Transition Énergétique et la Croissance Verte. Nous n 'allons en effet pas avoir d'autre choix pour minimiser nos émissions de gaz à effet de serre que de reconsidérer les chaînes énergétiques que nous utilisons actuellement pour nous chauffer. Ceci en considérant l'énergie contenue dans l'eau en y prélevant avec efficacité l’énergie thermique naturelle qu’elle contient au mieux des conditions locales. Et ceci avec l’idée d’effectuer ce prélèvement dans l'eau géothermale, dans celle des nappes libres, dans celle du fleuve lui-même ou dans l'eau de mer pour les villes situées sur le littoral, voire même en conjuguant ces sources dans des réseaux hydrauliques. Il devrait être possible de le faire sans modifier notre modèle économique en s'appuyant à la fois sur les 3 piliers que constituent le social, la défense de notre environnement et la stabilité de notre économie.

Il ne sera pas besoin de modifier notre constitution pour parvenir à ce résultat vu que notre charte de l’environnement stipule déjà l'essentiel, à savoir que chacun d’entre a le droit de vivre dans un monde équilibré et favorable à sa santé.

Force est pourtant de constater que la France ne vit malheureusement pas actuellement dans un monde équilibré. Dans notre pays c'est encore en effet la rivière à elle seule qui fournit pratiquement l'intégralité de l'énergie électrique propre que nous consommons. Ceci grâce à nos barrages hydroélectriques (environ 10%). Faut-il rappeler qu'elle le fait, facteur aggravant, en dégradant cette noble et coûteuse électricité pour chauffer les plus démunis d'entre nous avec les performances déplorables de l’effet Joule. Ceci en créant les problèmes de précarité énergétique que nous connaissons dans ce que nous avons baptisé les « passoires thermiques ».

De plus, est-ce être dans un monde favorable à notre santé que de rouler en ville avec des voitures individuelles équipées de moteur à combustion ayant un rendement de 30% alors que nous pourrions le faire sans polluer l'air de nos cités en mode électrique avec un rendement proche de 95%.

Quitte à le redire, le bâtiment associé à la voiture logée dans son sous-sol représente le plus gros poste d'émission de gaz à effet de serre devant l'industrie, le transport aérien, et l'agriculture. La résorption de ces émissions constitue un défi immense qu'il va falloir relever sans attendre sur notre planète..

Pour aider le politique à prendre conscience de l'enjeu et à sortir enfin de sa léthargie, un Conseil Supérieur de la Législation Thermique pourrait être créé dans l'intérêt des professionnels et de celui des ménages. Le politique pourrait ainsi devenir le catalyseur incitant d'autres régions françaises à lancer elles aussi des comités de pilotage, et ceci si possible dans des zones géographiques plus favorables que celle de l'Isère, rivière on le sait à régime glacière.