Généralités sur l’isolation

La rénovation thermique des bâtiments anciens (avant 1975),

On commence seulement à mieux comprendre ce qu’il faut faire pour améliorer l’isolation des anciens bâtiments anciens. Lorsqu’ils n’ont aucune isolation, on est en mesure de les rénover en diminuant significativement les déperditions annuelles du bâti. Il faudra peut-être pour  conserver le caractère architectural des centres villes, isoler certains bâtiments par l'intérieur mais cela n’est envisageable que pour les bâtiments Haussmannien largement dimensionnés mais pour cela, il faut pouvoir travailler dans des logements vides, donc en vente. Le second point à prendre en compte est d'atteindre le maximum d'efficacité énergétique suite aux travaux pour ne pas avoir à les refaire une seconde fois.  L’obtention éventuelle d’aides complémentaires passe par un bouquet de travaux avec une procédure nécessitant l’envoi de 4 à 5 dossiers à différents organismes. Ce travail important n’est que très rarement réalisé par les copropriétés pour la simple raison que ce travail relève pour l’instant du bénévolat. Le retour économique augmentant notablement dans le cas d’un bouquet de travaux cette orientation ne présente un intérêt pour la copropriété que si le montant des aides fiscales  limite significativement le retour économique.

Il n'y avait encore récemment  aucune réglementation thermique pour les bâtiments datant d'avant 1975 mais la loi sur l'énergie du 13 Juillet 2005 a introduit une première étape de réglementation sur l'existant. Un décret d'application prévu pour Avril 2008 précise que les bâtiments supérieurs à 1000m² et faisant l'objet de travaux de rénovation importants auront des obligations de performance énergétique et devront améliorer l’efficacité de l’isolation thermique du bâti et les équipements énergétiques.

Huisseries :

Le bois ou une matière encore moins conductrice est souhaitable. Le PVC nécessitant peu d’entretien est un bon compromis. Le métal est un matériau conducteur, de ce fait,  les menuiseries métalliques plus onéreuses sont à proscrire! 

Attention aux entrées d’air avec les portes fenêtres coulissantes.

Volets :

Il fait plus froid la nuit et on n’a pas besoin de regarder par la fenêtre. Il est donc recommandé de fermer les volets pour limiter les pertes thermiques.
Commande automatique envisageable (domotique)

Vitres

Incontestablement les prix français sont anormalement élevés par rapport aux prix allemands ou polonais (Is sont à technicité comparable environ 2 fois plus élevés en France).

Voici en résumé quelques préconisations pour les résistances thermiques des ouvertures:

 

Etapes envisageables

Type de vitrage 

Coefficient de déperdition

watt/m² et °C

situation de référence

Simple vitrage 

5

HPE rénovation

(vitrier* 4/12/4)

Double vitrage, argon ou air

1,4 - 1,5

BBC rénovation totale  (4/16/4)

Double vitrage Argon

1,2

 

Nouvelles RT dans le neuf

Vitrage nord : triple vitrage krypton

0,8

Vitrage sud, est, ouest :

double vitrage argon

1,2

* On ne change que la vitre et on conserve les huisseries en bois lorsque celles-ci sont encore en bon état.

Il est préférable de maximiser l'épaisseur de la lame d'air (ou de gaz) entre les deux 2 vitres de verre. Un double vitrage constitué de deux verres de 4mm chacun entre lesquels est enfermée une lame d'air de 16 mm  (4x16x4) est environ 5 fois plus isolant que le simple vitrage alors qu’un double vitrage constitué de deux verres de 4mm chacun entre lesquels est enfermée une lame d'air de 12 mm  (4x12x4) est « seulement » 4 fois plus isolant que le simple vitrage. Le triple vitrage (3 vitres, 2 lames d'air) est encore plus isolant et il diminue les apports solaires ce qui peut être un avantage supplémentaire en été.

Les parois opaques du bâti

Les déperditions imposées dans le neuf sont très éloignées des celles constatées dans les bâtiments anciens datant d'avant 1975. Les coefficients de déperdition envisagés pour les murs opaques, la toiture et le plancher bas  qui constituent la partie opaque du bâti sont différents dans le neuf et dans l’ancien suivant le label. Voir tableau ci-dessous

 

Coefficients de déperdition

Watt / m² et °C

Murs

Toiture, plafond*

Plancher bas

dans le neuf

0,18 - 0,23

0,1 - 0,15

0,2 - 0,25

dans l’ancien

selon label

HPE rénovation

0,8

0,44

3 à 4 cm

de bois aggloméré

BBC rénovation

0,4

0,25

Situation de référence

0,8

0,44

  La température réelle et la température ressentie

On l’ignore souvent mais la loi interdit de se chauffer à plus de 19°C ! Ceci parce que plus la température est élevée, plus les déperditions et la douloureuse en fin de mois sont elles aussi élevées. On dit que se chauffer d'un degré de plus, c'est consommer 10% de plus !

On a constaté que dans les vieux logements mal-isolés, on a froid à 19°C : les murs mal isolés sont froids, il y a des courants d'airs froids (infiltrations). Par contre dans un logement neuf, 19°C est bizarrement supportable. Les sensations ne sont plus les mêmes pour la raison que les parois sont plus chaudes et pratiquement à la température de la pièce.

 

La distribution hydraulique

Dans la rénovation énergétique d’un bâtiment, l’effort peut aussi se porter utilement sur l’'amélioration de l'isolation des conduites hydrauliques dans les volumes non chauffés. C’est dire dans beaucoup de cas sur les tuyauteries horizontales courant dans les caves et dans le parking souterrain éventuel.  Quant au cheminement des canalisations dans les volumes chauffés, il semble très difficile voire impossible d’y remédier après coup sauf à refaire les salles de bains et les cuisines. Les mesures à prendre pour améliorer l'isolation des conduites consiste à améliorer la qualité du calorifugeage afin  de réduire dans la mesure du possible l'écart de température entre intérieur et extérieur du tube. Le thermodynamicien cherche aussi à diminuer la température des fluides transportés. Pour un bâtiment neuf, l’architecte cherche lors de la conception et en ce qui le concerne, à réduire la longueur du cheminement des canalisations et à faire passer celles-ci dans la mesure du possible à l’intérieur du bâti dans les volumes chauffés.