Le modèle économique français

La décision d'interdire la prospection et l'exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique sur notre territoire et plus récemment de l'exploitation du pétrole conventionnel est une décision ayant une valeur symbolique importante aux yeux du monde : elle montre l’exemple de ce qu’il faut faire. Heureusement cette décision française n'affecte pas gravement notre économie dans la mesure où quantitativement parlant elle ne représente qu'une petite part de l'énergie que nous consommons en France. Il faut se rendre à l'évidence et tenir compte de l’avertissement de Stephen Hawking : notre seule chance que "l'avenir de l'homme soit sur terre" est que nous nous arrangions de telle sorte que nos besoins en énergie n'excèdent pas les capacités naturelles de production de notre planète.

Notre modèle économique actuel est à l'agonie. Une agonie symbolisée en France par ces portiques autoroutiers supposés prélever une taxe supplémentaire sur les produits fossiles consommés par les camions utilisant des moteurs à combustion interne. Ceci alors qu’aucune volonté ne se manifeste actuellement de la part des constructeurs européens pour adapter des motorisations moins polluantes type moteur à hydrogène sur les camions. Le CSLT ne souhaite pas trop mélanger la religion à la science comme l'a fait en son temps un célèbre climato-sceptique français mais force est de constater que dans son encyclique le Saint-Père a déjà évoqué ses inquiétudes sur les risques de cette taxe carbone (voir l’article 171 à la page 48). Nous sommes toutefois à un tournant et en absence de taxe pétrole, il faudra trouver un financement qui permette d'équilibrer notre économie en assumant le coût de la transition qui ne va pas être négligeable. Il est encore temps d’utiliser la taxe pétrole pour assurer ce financement mais le temps qui passe pourrait bien donner raison au Saint Père. Ceci étant donné que vu si l’on attend trop longtemps pour agir on devra faute de produites fossiles se priver de la fiscalité qu’il est encore possible d’appliquer sur ces produits. Nous devrons dans ce cas revoir notre modèle économique en profondeur ce qui risque d’être grave dans ce contexte d’urgence.

Quant aux systèmes hybrides souvent évoqués dans ce site sur l’énergie il va falloir les mettre en œuvre. Ceci qu’il s’agisse

-         du chauffage de l’habitat existant avec la chaufferie hybride qui peut assurer selon la saison le besoin en mode combustion (pellets dans les campagnes et gaz dans les villes) ou en mode électrique avec le chauffage thermodynamique. C’est particulièrement dans les métropoles à la densité démographique élevée que l’association de ces deux formes d'énergie vont devoir faire surface en associant dans le fonctionnement de ce type de chaufferie l'énergie thermique résultant de la combustion du gaz et l'énergie électrique assurant l'entraînement du compresseur de la pompe à chaleur.  

-         ou de la voiture individuelle qui elle aussi devra associer le moteur à combustion et le moteur électrique.

La vision de notre avenir économique doit être conditionnée par le social et l'évolution qui va devoir être donnée au prix de vente à l'utilisateur de ces deux formes d'énergie. Cette vision doit être conditionnée aussi par la nécessité d’agir rapidement ce qui implique de trouver l'argent nécessaire à la mise en place des infrastructures nécessaires à notre transition énergétique. Ceci avant qu'il ne soit trop tard, c’est-à-dire avant qu'il n'y ait plus de gaz.

Le CLST estime que la fiscalité actuelle sur l’énergie qui consiste à taxer plus lourdement l'électricité que le gaz alors que le prix de l’électricité au kWh est sensiblement 3 fois plus élevé que celui du gaz est une mauvaise politique. L'idée selon laquelle le prix de revient de l'énergie électrique provenant du nucléaire serait très faible est maintenant révolue. Le CSLT qui a toujours combattu les inégalités encourage l’orientation vers le solaire afin de baisser le prix de revient de l’électricité en prévoyant à terme l’équivalence entre les prix du gaz et de l’électricité. Cette évolution lui semble souhaitable vu : 

-         que l’augmentation du prix du gaz incite le consommateur à s’éloigner des produits fossiles ce qui est une bonne chose en ce qui concerne les gaz à effet de serre

-         qu'en équilibrant le prix du gaz et de l'électricité on solutionne en partie la précarité énergétique. Une précarité énergétique qui résulte principalement du prix excessif de l'effet joule utilisé aveuglément par l'utilisateur le moins fortuné.

-    qu’elle devrait permettre de couvrir les investissements nécessaires :

• au financement du démantèlement des centrales nucléaires. 
• au stockage des déchets radioactif que l’on ne pourra pas laisser éternellement à proximité des rivières pour des raisons sanitaires évidentes

• au stockage des énergies électriques renouvelables principalement d'origine solaire.

• à la mise en place des réseaux de chauffage urbain

-  qu’elle incite le Maître d'ouvrage à adjoindre aux chaufferies actuelles basées uniquement sur la combustion un complément ENR utilisant l'électricité. Le raisonnement est simple pour expliquer ce propos : pourquoi un Maître d’ouvrage moralement responsable du financement d’un projet de rénovation thermique consistant à abandonner la combustion installerait-il un complément ENR par pompe à chaleur ayant un COP de 3 si l'électricité coûte 3 fois plus cher que le gaz ?

- qu’elle simplifie le calcul du Retour Sur Investissement (ROI) de la chaufferie hybride et inhibe toute concurrence stupide entre ces deux formes d'énergie. Pour bien comprendre la notion de Retour Sur Investissement dans le cas de la chaufferie hybride, il faut en effet tenir compte que les frais d'exploitation de cette chaufferie et les économies qu’elle peut réaliser annuellement sont principalement fonction du prix du gaz et de l'électricité.

Le CSLT est convaincu qu’étant donné l’urgence, il va falloir sans attendre donner une suite pratique aux accords de Paris pour ne pas remettre en cause trop gravement notre modèle économique. L’intérêt de la France est aussi de faire partie de ceux qui établissent les règles en montrant l’exemple de ce qu’il faut faire plutôt que d’attendre et de faire partie de ceux qui les devront les adopter par la suite.

 

Considérations complémentaires

L’étude faite sur la consommation en énergie finale des ménages montre que la charge financière du ménage est notablement influencée par la mise en œuvre de la « Solar Water Economy » (SWE). Ceci par le fait que la dépense en énergie du ménage représente la plus grande part des charges répercutées au ménage par le syndic.

Il ne s'agit pas ici de petits montants. Ceci par le fait qu'à l'épargne près, bien faible actuellement pour la plupart d’entre nous, les dépenses de consommation finale des ménages représentent la masse salariale qui se chiffre en France à environ 600 milliards d'€. Ceci d'autant que si l'on ajoute à cette masse salariale des ménages, les dépenses des administrations publiques (environ 121 milliards d’€), le total représente à lui seul environ 50% du PIB.

À titre d’exemple, en 2004 dans l’Union Européenne des 25, la part la plus importante du PIB était consacrée aux dépenses de consommation finale des ménages (59 %), et à celle des administrations publiques (21 %). Le solde de 19 % relevant des investissements.

En diminuant les charges des ménages ainsi que celles des administrations publiques qui peuvent à l'évidence bénéficier également des avantages de la SWE, Le lecteur intéressé par cette notion de nouveau modèle économique peut prendre connaissance du chapitre du livre « La chaleur renouvelable et la rivière » traitant de ce sujet . Ce nouveau modèle pourrait consister à rééquilibrer notre PIB actuel de telle sorte que les dépenses de consommation finale des ménages associée à celle des administrations publiques diminuant notablement grâce à la SWE, la part affectée aux investissements soit notablement relevée pour faire face à la mise en place des infrastructures indispensables à la transition énergétique. Ceci de telle sorte que ces investissements se mettre en place sans affecter le pouvoir d'achat des français.