Notre modèle économique

La décision d'interdire la prospection et l'exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique sur notre territoire et plus récemment de l'exploitation du pétrole conventionnel est une décision ayant une valeur symbolique extrêmement importante aux yeux du monde. Heureusement cette décision n'affecte pas gravement notre économie dans la mesure où quantitativement parlant elle ne représente qu'une petite part de l'énergie que nous consommons en France. Elle prouve en tout cas que notre modèle économique actuelle est à l'agonie. Une agonie symbolisée en France par ces portiques autoroutiers supposés prélever une taxe supplémentaire sur les produits fossiles consommés par les camions utilisant des moteurs à combustion interne. Le CSLT ne souhaite pas trop mélanger la religion à la science comme l'a fait en son temps un célèbre climato-sceptique français mais force est de constater que dans son encyclique le Saint-Père a déjà évoqué ses inquiétudes sur les risques de cette taxe carbone. Nous sommes toutefois à un tournant. En effet force est de constater qu’en l’absence de pétrole il n’y aura plus de taxe pétrole, cela impliquant qu'il faudra bien trouver un financement permettant d'équilibrer notre économie en assumant le coût de la transition qui ne va pas être négligeable. Quoiqu'en dise le Saint Père le CSLT estime que l'on ne pourra pas, à moins de revoir trop gravement notre modèle, se priver de la fiscalité sur les produits fossiles alors qu'il en est peut-être encore temps pour assurer ce financement.

Quant à la chaufferie hybride elle peut très bien fonctionner avec le fioul en mode combustion mais pour de nombreuses raisons deux formes d'énergie ont essentiellement fait surface lors de l'établissement du fonctionnement de ce type de chaufferie : l'énergie thermique résultant de la combustion du gaz et celle provenant de l'énergie électrique assurant l'entraînement du compresseur de la pompe à chaleur. 

Une bonne vision de notre avenir économique est conditionnée par l'évolution future qui va être donnée au prix de vente à l'utilisateur de ces deux formes d'énergie. Il faudra bien en effet trouver l'argent nécessaire à la mise en place des infrastructures nécessaires à notre transition énergétique. Et ceci avant qu'il ne soit trop tard, CAD avant qu'il n'y ait plus de gaz.

Le CLST estime que la vision consistant à taxer le gaz dont le prix au kWh est actuellement plus faible que celui de l'électricité est la bonne. L'idée selon laquelle le prix de revient de l'énergie électrique provenant du nucléaire serait très faible est en effet maintenant révolue. Le CSLT qui a toujours combattu les inégalités encourage cette évolution. 

- Elle lui semble souhaitable vu qu'en équilibrant le prix du gaz et de l'électricité elle solutionne en partie la précarité énergétique. Une précarité énergétique qui résulte principalement du prix excessif de l'effet joule utilisé aveuglément par l'utilisateur le moins fortuné.

- Elle est une solution pour couvrir les investissements nécessaires :

• au financement du démantèlement des centrales nucléaires. 
• au stockage des déchets radioactif que l’on ne pourra pas laisser à proximité des rivières pour des raisons sanitaires évidentes

• au stockage des énergies électriques renouvelables principalement d'origine solaire.

• à la mise en place des réseaux de chauffage urbain

- Elle incite le Maître d'ouvrage à adjoindre aux chaufferies actuelles basées uniquement sur la combustion un complément ENR utilisant l'électricité. Le raisonnement est simple pour expliquer ce propos : pourquoi installer un complément ENR vu que si l'électricité coûte 4 fois plus cher que le gaz, l'énergie thermique fournie par une pompe à chaleur ayant un COP de 4 sera au même niveau que celle délivrée par la combustion.

- Elle simplifie le calcul du Retour Sur Investissement (ROI) de la chaufferie hybride et inhibe toute concurrence stupide entre ces deux formes d'énergie. Pour bien comprendre la notion de Retour Sur Investissement dans le cas de la chaufferie hybride, il faut en effet tenir compte que les frais d'exploitation de cette chaufferie et les économies qu’elle peut réaliser annuellement sont principalement fonction du prix du gaz et de l'électricité.

Le CSLT est convaincu que pour ne pas remettre en cause trop gravement notre modèle économique et donner une suite pratique aux accords de Paris, il va falloir, vu le temps que va prendre la mise en œuvre agir dans les plus brefs délais possible, CAD avant que nos réserves de gaz ne soient complètement épuisées.

 

Considérations complémentaires

L’étude faite sur la consommation en énergie finale des ménages montre que la charge financière du ménage est notablement influencée par la mise en œuvre de la « Solar Water Economy » (SWE). Ceci par le fait que la dépense en énergie du ménage représente la plus grande part des charges répercutées au ménage par le syndic.

Il ne s'agit pas ici de petits montants. Ceci par le fait qu'à l'épargne près, bien faible actuellement pour la plupart d’entre nous, les dépenses de consommation finale des ménages représentent la masse salariale qui se chiffre en France à environ 600 milliards d'€. Ceci d'autant que si l'on ajoute à cette masse salariale des ménages, les dépenses des administrations publiques (environ 121 milliards d’€), le total représente à lui seul environ 50% du PIB.

À titre d’exemple, en 2004 dans l’Union Européenne des 25, la part la plus importante du PIB était consacrée aux dépenses de consommation finale des ménages (59 %), et à celle des administrations publiques (21 %). Le solde de 19 % relevant des investissements.

En diminuant les charges des ménages ainsi que celles des administrations publiques qui peuvent à l'évidence bénéficier également des avantages de la SWE, Le lecteur intéressé par cette notion de nouveau modèle économique peut prendre connaissance du chapitre du livre « La chaleur renouvelable et la rivière » traitant de ce sujet . Ce nouveau modèle pourrait consister à rééquilibrer notre PIB actuel de telle sorte que les dépenses de consommation finale des ménages associée à celle des administrations publiques diminuant notablement grâce à la SWE, la part affectée aux investissements soit notablement relevée pour faire face à la mise en place des infrastructures indispensables à la transition énergétique. Ceci de telle sorte que ces investissements se mettre en place sans affecter le pouvoir d'achat des français.